Il y a maintenant deux mois et demi, le Gouvernement fédéral annonçait une subvention urgente de 26 millions d’euros, destinée aux CPAS de Belgique afin d’anticiper la mise en œuvre de la réforme d’exclusion du chômage et les nouvelles demandes d’aides sociales qu’elle générera.

Cette subvention doit permettre des engagements et investissements nécessaires pour les Centres Publics d’Action Sociale (CPAS), et ce en 2025 !
L’automne s’est maintenant installé. Le temps presse et l’étau se resserre inexorablement. Au centre de celui-ci, les personnes exclues qui ont, pour bon nombre, déjà reçu leur courrier de l’ONEM, mais aussi les équipes et les administrations locales, fortement démunies et prises au piège de délais et moyens inadaptés d’une réforme pourtant historique.
Si l’engagement du Gouvernement fédéral envers les trois Fédérations régionales des CPAS ne semble pas remis en cause, force est de constater qu’un doute s’installe.
En effet, à plusieurs reprises depuis début septembre, et malgré ses promesses répétées, le Gouvernement ne semble toujours pas s’être accordé sur l’exécution de son engagement.
Ce retard met en grandes et multiples difficultés les CPAS qui ne peuvent engager de personnel complémentaire, envisager des investissements en locaux, matériel et outils pour faire face utilement à l’arrivée de nouveaux publics, sauf en comptant sur d’éventuels « fonds propres » , ce qui n’est ni acceptable ni possible dans la grande majorité des cas.
A Bruxelles, la situation est particulièrement tendue. Les finances locales et la situation politique régionale actuelle ne permettent pas de soutien anticipé pour combler, une fois encore, les retards du fédéral. Mais aussi, l’impact général, au regard du nombre d’exclus et des besoins proportionnels, sera bien plus marqué dans des communes de plus de 20.000 habitants. En Wallonie, cela concerne environ 10% des communes, en Flandres 22%. En région bruxelloise, 100% !
« Nous sommes à deux mois à peine de la mise en œuvre de la réforme et les incertitudes restent grandes en raison d’imprécisions du Gouvernement fédéral » souligne Sébastien LEPOIVRE, Président de la Fédération des CPAS bruxellois
« Les CPAS sont confrontés depuis des années à une hausse significative des demandes d’aides sociales. C’est un fait de société et une responsabilité collective et nationale. Les CPAS ont besoin de financement juste pour affronter les effets de la réforme fédérale, et doivent répondre dignement, dans les délais légaux, aux demandes d’intervention. Or, aujourd’hui, malgré les promesses d’appui, l’absence de concrétisation nous laissent dans le désarroi. »
Face à cette situation alarmante d’impréparation, la Fédération bruxelloise des CPAS lance un appel pressant aux autorités fédérales pour la mise en œuvre immédiate de leur engagement et l’octroi justement réparti de la subvention de 26 millions d’euros, dès ce mois d’octobre.
Cette enveloppe est plus que jamais indispensable pour garantir la continuité des services essentiels aux citoyens les plus vulnérables et permettre l’arrivée de nouveaux publics.
« Nos équipes sont à bout de souffle et craignent les mois à venir. Sans soutien financier immédiat, nous risquons de ne pas pouvoir répondre dignement aux besoins fondamentaux, ni accueillir de manière adéquate les exclus du chômage en état de besoin. Il s’agit d’un risque majeur. », conclut Sébastien LEPOIVRE.
Les CPAS rappellent leur rôle crucial dans la société belge et insistent pour une mobilisation politique rapide du fédéral dans le respect de ses engagements de compensation. Eviter toute rupture dans l’aide aux plus démunis reste la priorité absolue. Cela doit passer par un réel appui aux pouvoirs locaux pour garantir les conditions nécessaires et mener à bien ces défis.
Contact
Sébastien LEPOIVRE, Président de la Fédération des CPAS bruxellois : slepoivre@cpasevere.brussels – 0476 86 52 35