En juillet dernier, la Ministre de l’Intégration sociale a annoncé une enveloppe de 26 millions d’euros destinée aux CPAS afin de financer, en 2025, les premiers coûts nécessaires à la réforme du chômage. Ces moyens doivent permettre l’engagement de personnel, l’adaptation de locaux et l’acquisition de matériel pour accueillir et accompagner dans les conditions adéquates une partie des 42.000 Bruxellois exclus de leur droit aux allocations de chômage et qui s’adresseront aux CPAS, dès le mois de janvier 2026.

Début octobre, face à l’inertie, la Fédération des CPAS bruxellois et son Président alertaient : le temps presse et l’étau se resserre inexorablement. Au centre de celui-ci, les personnes exclues des deux premières vagues qui ont reçu leur courrier de l’ONEM, mais aussi les équipes et les administrations locales, fortement démunies et prises au piège de délais et moyens inadaptés d’une réforme pourtant historique.

Si l’engagement du Gouvernement fédéral envers les trois Fédérations de CPAS du pays ne semble pas remis en cause (la décision politique serait bien acquise), force est de constater qu’une crainte grandissante est bien installée et la question se pose : veut-on réellement donner les moyens nécessaires à la réussite de la politique fédérale ?

Aujourd’hui, on doit observer que, malgré les promesses répétées, le Gouvernement ne semble toujours pas s’être accordé sur l’exécution de son engagement pourtant prioritaire.

De plus, l’absence d’avancées quant au budget fédéral 2026 ne peut en aucune manière lier les deux questions. L’absence d’accord budgétaire (et ses lourdes conséquences) ne peut impacter les engagements de 2025 ! Il s’agit de l’exécution pure et simple d’un budget existant. 

Cette exécution ne peut plus souffrir aujourd’hui d’aucune forme de retard. 

Tout ajournement persistant met, une fois de plus, en grandes et multiples difficultés les CPAS qui ne peuvent engager ni envisager des investissements et outils indispensables pour faire face utilement à l’arrivée de nouveaux publics qui viennent déjà aux portes de nos instances.

Aujourd’hui, ce n’est plus acceptable pour aucun CPAS. Rappelons qu’à Bruxelles, les finances locales et la situation politique régionale actuelle ne permettent pas de soutien anticipé pour combler, une fois encore, les errements du Fédéral.

Sébastien Lepoivre, Président de la Fédération des CPAS bruxellois, insiste : 

« Nous sommes à six semaines à peine de la mise en œuvre d’une réforme majeure et historique. Nous sommes pourtant confrontés à d’immenses incertitudes en raison de l’absence de réalisations budgétaires du Gouvernement fédéral. Or, la réforme ne pourra réussir que si tous les acteurs sont en capacité de gérer les sollicitations, d’affronter les effets sociaux de la réforme et de répondre dignement, dans les délais légaux, aux demandes d’intervention. Malgré les promesses d’appui, l’absence de concrétisation nous laisse dans les pires difficultés. La catastrophe redoutée est imminente si le Gouvernement fédéral n’agit pas concrètement et n'assume pas ses engagements et responsabilités ».

Face à cette situation très alarmante, la Fédération bruxelloise des CPAS lance un pressant ultimatum aux autorités fédérales pour une mise en œuvre immédiate de leur engagement et l’octroi justement réparti de la subvention de 26 millions d’euros.

Enfin, si le Gouvernement fédéral n’est pas en mesure, à six semaines seulement de l’entrée en vigueur de la réforme, de garantir les moyens prévus pour 2025 et d’assurer la mise en œuvre complète du régime de compensations dès janvier 2026, il conviendra, en vertu du principe de loyauté fédérale consacré à l’article 143, §1er, de la Constitution – mais aussi par souci d’honnêteté et de responsabilité – d’envisager le report de la réforme dans son ensemble.

Contact 

Sébastien LEPOIVRE, Président de la Fédération des CPAS bruxellois : slepoivre@cpasevere.brussels – 0476 86 52 35