Brulocalis et ses partenaires ont organisé ce lundi 1er décembre un événement de sensibilisation et de dialogue rassemblant chercheuses, élues, experts et représentants politiques autour d’une même ambition : comprendre, témoigner et agir.
Le sexisme en politique demeure un enjeu majeur pour la participation et la représentation des femmes dans la vie démocratique. Bien au-delà de simples attitudes individuelles, il s’agit d’un phénomène structurel qui freine l’entrée des femmes dans la sphère politique, complique leur parcours lorsqu’elles y exercent des responsabilités, et met en péril la représentation des intérêts des femmes au sein des politiques publiques. Trop souvent, les élues confrontées à des comportements sexistes, à du harcèlement ou à des violences symboliques ou verbales, se voient contraintes de se désengager, de renoncer à un mandat ou de ne pas se représenter. De cette manière, le sexisme agit comme un outil de marginalisation des femmes et contribue à renforcer la domination masculine du champ politique.
Les données récentes en Belgique et en Europe confirment une augmentation des violences, du harcèlement et de l’intimidation à l’encontre des femmes engagées en politique — particulièrement envers les jeunes candidates. Depuis les élections fédérales, régionales et communales de 2024, la Belgique a constaté une baisse du nombre de femmes candidates, une tendance préoccupante observée également dans d’autres pays membres du Conseil de l’Europe.
Face à ces constats alarmant, Brulocalis a souhaité ouvrir un espace de discussion, de partage mais aussi de solutions. En ouverture de cette matinée d’échanges, Christian Lamouline, président de Brulocalis, soulignait l’importance cruciale d’aborder sans détours le phénomène du sexisme en politique : « Une démocratie qui fait taire ses élues se met elle-même en danger. Par contre, une démocratie qui protège ses représentantes est une démocratie qui respire, et s’offre l’opportunité d’évoluer ». Corinne François, directrice de Brulocalis, ponctuait en soulignant le volontarisme de Brulocalis en la matière : « Il reste beaucoup de choses à déconstruire et il y a une extrême urgence à le faire ! ».
Cette riche matinée d’échanges aura apporté une nouvelle pierre à l’édifice de la lutte contre le sexisme en politique, dont l’actualité nous rappelle plus que jamais l’importance.
Nous consacrerons tout un dossier du magazine Trait d’Union à la thématique de la violence envers les femmes en politique (à paraître en février 2026).
Programme du colloque
Partie 1 – État des lieux de la parité politique en Belgique et en Europe, les formes de violence et de cyberharcèlement
- Introduction par le Président de Brulocalis, Christian Lamouline
- Analyse de la situation post-élections 2024 par Audrey Vandeleene, chercheuse postdoctorale, professeure au Département de Sciences Politiques à l’ULB (CEVIPOL), auteure de l’étude de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes « Candidat/Candidates »
- Analyse de la parité stagnante dans les organes communaux bruxellois après les élections communales de 2024, par Alessia Messina, Chargée de veille et support à la communication, Référente Genres à Brulocalis
- Perspectives européennes et données 2025 par Carol Thomas du CCRE (Conseil des Communes et Régions d’Europe), autour de l’étude « Les femmes en politique – tendances locales et européennes »
- Présentation de l’étude sur l’ambition liée au genre et les conséquences sur la sphère politique, par Robin Devroe, VUB & UGent
- Les formes de violence en politique, par Anne Van Bavel, chercheuse doctorale à la VUB
- Les réseaux sociaux comme « nouvel » espace public marqué par la violence envers les femmes, et les femmes politiques spécifiquement, par Florence Hainaut, journaliste et réalisatrice de documentaires
Partie 2 – Les femmes politiques : entre espoirs et réalités
Au cours de cette session modérée par Sarra El Massaoudi (journaliste, formatrice et conférencière), plusieurs femmes politiques ont fait part de leur témoignage, entre résilience et réalités de terrain. Le panel a réuni Myriem Amrani (présidente du CPAS de Saint-Gilles, PS), Margaux De Ré (députée bruxelloise, Écolo), Vanessa Matz (ministre fédérale, Les engagés) et Viviane Teitelbaum (sénatrice, MR)
Partie 3 – Outils et ressources pour agir
- Préparer et protéger les femmes candidates, par Pauline Verhaeghe, de l’ASBL ELECTA
- Signalement et traitement des comportements agressifs, par Philippe Halasz-Baradlay, Stakeholder Manager - Entités Fédérées de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH)
- Mesures pour permettre une meilleure participation des femmes à la politique au niveau régional bruxellois, par Kelly Timperman, Présidente du Conseil bruxellois de l’égalité entre les femmes et les hommes (CEFH)
- Normes du Conseil de l’Europe pour favoriser l’égalité de participation, par Cécile Gréboval, Responsable de programme, Gender Mainstreaming – Conseillère principale en matière d’égalité de genre, Division de l’égalité de genre, Direction générale de démocratie et de la dignité humaine au Conseil de l’Europe
- Conclusion de fin par la Directrice de Brulocalis, Corinne François