[Covid-19] Les résidants et le personnel des maisons de repos se sentent à l’abandon

COMMUNIQUE DE PRESSE commun à la Fédération des CPAS Bruxellois et à FEMARBEL Des mesures politiques urgentes s’imposent !

La période de crise sanitaire que nous vivons est exceptionnelle et tous nous avons une part de responsabilité à prendre pour en sortir vainqueur.

A Bruxelles aujourd’hui, les maisons de repos c’est plus de 23.000 personnes : 13.000 résidant(e)s, 10.000 travailleurs(euses). Essentiellement des femmes.

Ces maisons de repos prennent soins de toujours davantage d’aînés avec des situations complexes tant en terme social que de santé. Elles accueillent de plus en plus tôt des personnes renvoyées précocement des hôpitaux vu la réduction des durées de séjour et des coupes financières. Ces maisons ont aussi en leur sein un nombre grandissant de personnes âgées fragiles, que ce soit par leur origine ou leurs moyens sociaux.

Dès le 17 mars, le secteur avait plaidé pour que les maisons de repos des trois Régions bénéficient d’une priorité tant dans le matériel de protection que de dépistage mais aussi de la mobilisation du personnel.

Aujourd’hui, à Bruxelles, le personnel et les résidants de nos maisons éprouvent un triste et presque désespérant sentiment d’abandon.

Iriscare a œuvré efficacement à une livraison de masques chirurgicaux. Saluée, elle n’est malheureusement pas suffisante dans la lutte contre le Covid 19. A cette fin, il faut des masques FFP2 mais aussi des gants, tabliers, lunettes, voire des visières. Si l’usage de ce matériel est pratique courante dans les hôpitaux, il ne l’est pas du tout en maison de repos. Des formations urgentes au bon usage de ce matériel sont indispensables.

Des initiatives locales solidaires se sont développées Dans les maisons de repos bruxelloises, le Covid-19 risque de devenir une bombe à retardement.

Dans ce contexte de crise sanitaire, nous tenons d’abord à applaudir fraternellement le grand courage et le professionnalisme exemplaire du personnel présent dans nos maisons de repos au quotidien. Elles et ils sont à remercier chaque jour, et n’hésitez pas à en faire de même.

ELLES ET ILS MERITENT AMPLEMENT DE LA GRATITUDE ET DE LA RECONNAISSANCE!

En soutien de ce courage et de ce professionnalisme, des mesures résolues s’imposent.

A ce jour, elles font cruellement défaut.


1. Dans les maisons de repos touchées, le foyer Covid 19 est venu de l’extérieur. Si cela continue, une mortalité grandissante va survenir dans nos maisons. Des mesures drastiques sont indispensablent pour l’éviter. La Wallonie a courageusement requis dimanche que les résidants nouvellement admis au retour de l’hôpital présentent au moins un certificat de non-contagion. Cette mesure a été applaudie par l’Aframeco, l’Association des médecins coordinateurs francophones.

Une mesure équivalente doit être prévue à Bruxelles : un certificat de non-contagion ou test Covid 19 négatif doit être présenté au retour de l’hôpital.


2. Toutes les maisons subissent un manque aigu de matériel de protection avec des situations à risque grandissantes et des cas suspects toujours plus nombreux. Nos maisons de repos bricolent et sont face à un absentéisme grandissant de personnel craignant la contamination. Cette absence de personnel au chevet des patients pourrait avoir un effet des plus préjuciables.

Le personnel de nos maisons doit recevoir dans les meilleurs délais le matériel de protection indispensable pour préserver tout un chacun (personnel, proches, autres résidants) et accompagner le cas échéant des résidants covid 19 : masques FFP2, tabliers, lunettes, visières.

3. Le Secteur a demandé une forme de priorité pour le dépistage vu le risque de létalité des résidants. Dans sa réponse du 26 mars 2020, la Ministre fédérale de la Santé a signifié que « le personnel soignant (par exemple, les médecins et les infirmières) nécessaire aux soins sera testé en priorité en cas de troubles respiratoires, afin de pouvoir être ramené rapidement en soins en cas de test négatif ». Seul le personnel hospitalier était alors apparemment visé.

Les maisons de repos doivent avoir une priorité pour le matériel de dépistage et ce pour l’ensemble de son personnel égale à celle des hôpitaux.

4. Le manque de personnel est déjà une réalité. Nous devons être creatif pour mobiliser le personnel.

- élargir le temps de prestations des temps partiels ;

- demander que des réductions de temps de travail soient converties en prime ;

- mobiliser du personnel d’autres services d’un même employeur ou d’un autre employeur par la mise à disposition ;

- solliciter des personnes parties en formations 600 ;

- mobiliser du personnel étudiant qualifié en soins ;

- prévoir des repas voire une prime de risque pour le personnel prestant ;

- mobiliser des travailleurs titres-services au chômage pour pallier le manque de personnel logistique, …



Si toutes ces mesures créatives ne suffisent pas, la question de la réquisition se posera vu l’urgence vitale d’assurer une continuité de soins à des aînés qui nous ont tant donnés et sont aujourd’hui vulnérables.

5. Les maisons de repos, confinées, sont coupées de l’extérieur. Là où un foyer Covid 19 s’est propagé, la distanciation sociale peut conduire à la détresse voire à la désespérance.

Des psychologues en suffisance doivent pouvoir être mobilisés pour accompagner les équipes et les résidants particulièrement dans les maisons avec un foyer Covid 19

6. Peu médiatisée à ce jour, la question de structures intermédiaires doit être débattue.

Dans le cadre du combat contre le virus COVID-19, il est possible que les hôpitaux soient saturés. Il faudra alors les « désengorger ». L’idée est de créer notamment avec l’armée et la Croix rouge une troisième ligne de structures dites de soins intermédiaires.

Ces structures intermédiaires accueilleraient des patients contagieux Covid 19 ou pas :

- soit qui ont été vus dans une « station de triage » de médecins généralistes ou d’un service d'urgence et ne doivent pas être soignés à l’hôpital ;

- soit qui ne doivent pas rester à l'hôpital, mais qui ne peuvent pas encore retourner chez eux ;

Une part de ces structures intermédiaires directement liées à un hôpital pourrait servir à accueillir une partie des patients Covid 19 en voie de guérison et ne pouvant directement rentrer à leur domicile ou en maison de repos?

Contacts 

Fédération des CPAS bruxellois (Brulocalis)
Karine Lalieux

karine.lalieux@cpasbxl.brussels

GSM 0476/91 55 88

Femarbel-Ferubel
Vincent Fredericq
sec-gen@femarbel-ferubel.be
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Date de publication
30-03-2020
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