Les CPAS bruxellois tirent la sonnette d'alarme !

Communiqué de presse de la Fédération des CPAS bruxellois. Les CPAS bruxellois font face à une pénurie alarmante d'assistants sociaux et ne parviennent pas à en engager, malgré l'intérêt du métier et les nombreux avantages de travailler en CPAS. il existe aujourd'hui un vrai danger de ne plus pouvoir répondre suffisamment aux besoins fondamentaux des Bruxellois les plus précarisés.

Actuellement, ils recherchent activement des assistants sociaux motivés mais en vain. Non seulement il n'y a presque pas de candidats, mais ceux qui se présentent n'ont souvent pas les connaissances de base nécessaires pour occuper un emploi dans les centres publics d'action sociale. Le nombre de postes vacants non pourvus est par conséquent en constante augmentation.
En effet, depuis plusieurs années, les CPAS sont confrontés à une série de crises sociales et doivent faire face à de nouvelles missions. Certes, les différents niveaux de pouvoir sont venus en aide financièrement auprès des CPAS mais pas de manière structurelle. Cette situation ne résout pas le manque de travailleurs sociaux dans le secteur, ni ne donne les perspectives d'engagements dans des emplois stables.
De plus, les spécificités du travail social en CPAS ne sont pas forcément enseignées ou abordées durant le cursus scolaire des futurs assistants sociaux et le travail en CPAS est parfois dépeint assez négativement.
Les CPAS bruxellois, via leurs Présidentes et Présidents de CPAS, ainsi que leurs Secrétaires généraux, font aujourd'hui face à une pénurie généralisée d'assistants sociaux formés et désireux de travailler dans les CPAS.
« Malheureusement, les assistants sociaux préfèrent postuler pour des structures autres que celles du CPAS » explique Khalid Zian, président de la Fédération des CPAS bruxellois . « Il est regrettable de constater que parfois le CPAS a une mauvaise image. Pourtant les CPAS aident au quotidien les personnes défavorisées de manière très concrète. Les CPAS bruxellois ont aidé des dizaines de milliers de personnes à ne pas sombrer dans la pauvreté lors de la récente crise sanitaire ou la crise énergétique qui frappe de nombreux ménages bruxellois, ou, plus récemment encore, lors de l'arrivée de réfugiés ukrainiens. Travailler dans un CPAS, c'est un travail qui possède un sens social de premier niveau ».
« Malgré des postes en CDI, ouverts tout au long de l'année, nous ne parvenons pas à recruter en suffisance pour combler ceux-ci », ajoutent les Secrétaires généraux. « A cela s'ajoute une difficulté typiquement bruxelloise : les agents sont tenus de réussir leur examen du Selor afin de maîtriser le français et le néerlandais. Dans la pratique, cette exigence est nécessairement assouplie, mais elle peut néanmoins constituer un frein pour certains candidats. Nous constatons également que presque aucun candidat néerlandophone ne se présente, par crainte d'une maîtrise insuffisante du français. Toutefois, cela n'est généralement pas justifié car, dans la plupart des cas, il existe une base suffisante pour commencer à travailler, puis renforcer progressivement les compétences linguistiques. ».
Nous pointons, en effet, de nombreux avantages à travailler dans un CPAS, citons parmi ceux-ci :
• Les CPAS brassent une matière sociale large et variée, les assistants sociaux qui le souhaitent peuvent se spécialiser et évoluer à des postes à responsabilité ). Des budgets de formation sont prévus pour les accompagner dans cette évolution professionnelle.
• Les CPAS offrent généralement une sécurité de l'emploi (la grande majorité des offres sont des CDI).
• Les CPAS proposent des horaires et des congés qui permettent d'équilibrer vie privée et professionnelle.
• Les CPAS appliquent des barèmes salariaux compétitifs et une revalorisation salariale du personnel social est planifiée au cours des années à venir.
• Les CPAS offrent différents avantages, tels que des chèques-repas et autres primes.
• Les CPAS répondent à des besoins vitaux de la population et disposent des moyens financiers pour le faire.
• Le travail en équipe et la collaboration enrichissent la réflexion sociale qui reste possible au sein des CPAS.
Nous sollicitons les pouvoirs publics afin de veiller à mettre en place à très court terme en place de premières pistes d'actions afin de revaloriser le métier d'assistant social :
• Améliorer la formation par une intégration plus large de la matière CPAS au cursus général des assistants sociaux et de concevoir des formations qualifiantes complémentaires ;
• Améliorer la rémunération en fonction de cette formation complémentaire (incitant comme la prime de bilinguisme) ;
• Rendre les dépenses liées au recrutement éligibles dans le cadre de subventions ;
• Réduire la charge de travail administratif par le biais de la simplification administrative et de la digitalisation.
• Travailler, en collaboration étroite avec les CPAS bruxellois, sur l'image du métier d'assistant social en CPAS afin de mieux valoriser le métier et lui redonner le sens social premier qui n'aurait jamais dû le quitter.

Les CPAS bruxellois demandent aux autorités de se pencher d'urgence sur cette problématique, afin d'éviter d'en arriver au point de ne plus pouvoir répondre aux besoins fondamentaux des citoyens les plus précarisés. Il y a aujourd'hui péril en la demeure !
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Auteur

Georgy MANALIS
Date de publication
22-06-2022
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