À Woluwe-Saint-Lambert : Schuman-Charmille, un projet structurant au service de la transition locale
Le Site Schuman-Charmille a été entièrement reconstruit pour devenir un véritable éco-quartier à vocation éducative et durable. Ce projet illustre l’ambition de la commune de développer un programme structurant répondant à plusieurs priorités : transition énergétique, promotion de la mobilité douce, amélioration de l’accessibilité, et renforcement de l’inclusion et de la cohésion sociale. Le site accueille désormais un ensemble cohérent d’équipements comprenant les écoles Georges Désir et La Charmille, la crèche Les Coquelicots, une salle de sport polyvalente, une plaine de jeux, un jardin didactique, une agora, des espaces verts ainsi qu’un parking souterrain réservé au personnel.
En bref
- Commune, couverture géographique : Woluwe-Saint-Lambert
- Sujet : Aménagement urbanistique : éco-quartier
- Matière : Environnement et ville en transition
- Objectif, nature du projet : développer un éco-quartier mêlant transition énergétique, mobilité douce, accessibilité et cohésion sociale
- Contexte : Le projet trouve son origine dans l’état des deux écoles existantes, Georges Désir et La Charmille. Ces bâtiments, de type pavillonnaire et de plain-pied, présentaient de faibles performances énergétiques et ne répondaient plus aux exigences fonctionnelles actuelles. Face à ce constat, une réflexion a été engagée et a incité la commune de Woluwe-Saint-Lambert à répondre à un appel à projet de reconstruction. Le projet a été distingué comme lauréat du concours Bâtiments Exemplaires 2013 (BATEX) de Bruxelles-Environnement.
- Périmètre du projet : 2,1 ha
- Bénéficiaire(s) direct(s) et indirect(s), profil : habitants de Woluwe-Saint-Lambert mais aussi toutes et tous les bruxellois.es
- Budget : 23 595 981euros HT
- Subside(s) : BATEX, Bruxelles Pouvoirs Locaux, Fonds régional bruxellois de refinancement des trésoreries communales, Bruxelles Environnement, Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté française
- Ressources : N/A
- Equipe pilote : Bureau d’études B612 Architectes, Service Gestion du Patrimoine, Développement durable, planification et perspectives de Woluwe-Saint-Lambert (et étroite collaboration avec les services communaux concernés - architecture, techniques spéciales, enseignement et crèches, marchés publics, finance)
- Partenaire(s) et autre(s) partie(s) prenante(s) : BPCGroup (Bâtiments et ponts construction), Thiran et Tradeco (entreprises de construction)
- Période concernée : 7 ans
Processus
Le projet trouve son origine dans l’état des deux écoles existantes. Ces constructions pavillonnaires de plain-pied, peu performantes sur le plan énergétique étaient devenues inadaptées aux besoins fonctionnels contemporains. Leur rénovation a tout d’abord été envisagée, démarche qui a d’ailleurs fait l’objet d’un premier appel à projets. Toutefois, cette analyse a révélé que le maintien d’une telle occupation du sol sur une parcelle d’environ 1,5 hectare n’était pas optimal.
La commune a ensuite répondu à un second appel à projets avec pour objectifs une désimperméabilisation significative du site, la reconstruction des deux écoles (Georges Désir et La Charmille), accompagnée d’une salle de gymnastique pour l’école de La Charmille, ouverte également au quartier.
L’obtention du prix BATEX en 2016 n’a cependant pas suffi à boucler le budget du projet et il a fallu chercher d’autres sources de financements pour amorcer les travaux. La division Subsides de la commune est venue en appui de cette quête de fonds. Ce service identifie les opportunités de financement, prépare et introduit les candidatures aux appels à projets ainsi que les demandes de subsides et de primes, tout en veillant à l’inscription du projet dans les programmes pluriannuels. Ce travail se réalise en étroite collaboration avec les services communaux concernés (architecture, techniques spéciales, enseignement et crèches, marchés publics, finances) et les bureaux externes. Cette recherche de subside a permis en outre, l’intégration d’une nouvelle crèche (grâce au lancement d’un nouveau Plan Cigogne[1]), mais aussi d’une plaine de jeux, d’un jardin didactique, d’espaces verts aménagés ainsi que d’un parking souterrain réservé au personnel.
Le projet a néanmoins été confronté à plusieurs contraintes.
Les travaux ont tout d’abord été interrompus en raison de la découverte d’une pollution importante des sols, nécessitant des opérations de dépollution complexes, avant de pouvoir reprendre et s’achever en 2020.
La coordination entre les nombreux intervenants et sources de financement a également constitué un défi majeur : chaque subside étant régi par ses propres règles et échéances, il a fallu les articuler avec précision afin d’éviter qu’une démarche n’en compromette une autre. Par ailleurs, les exigences réglementaires liées aux subsides se sont révélées particulièrement strictes, impliquant des coûts supplémentaires.
Pour concilier ces contraintes financières avec les ambitions écologiques du projet, plusieurs stratégies ont été mises en œuvre, telles que l’optimisation des choix de matériaux et des solutions constructives, ainsi que l’ajustement de certaines fonctionnalités sans porter atteinte à la qualité environnementale. Enfin, la réalisation de bâtiments passifs a posé des défis techniques spécifiques, notamment en matière de ventilation, de gestion des surchauffes et de sélection des matériaux.
Les enjeux du projet étaient multiples : répondre à la croissance des besoins en infrastructures scolaires, inscrire le développement urbain dans une dynamique de transition écologique, renforcer la cohésion sociale grâce à des espaces partagés et accessibles, et encourager des modes de vie durables. Sa réussite repose notamment sur une vision stratégique claire portée par la commune, un soutien financier déterminant des autorités régionales et communautaires, ainsi que sur l’attention soutenue à la durabilité environnementale et à l’intégration locale du projet.
Résultat(s) et Impact(s)
Le projet de reconstruction du site Schuman–Charmille constitue une réussite grâce à une vision stratégique à long terme, conciliant besoins éducatifs, enjeux environnementaux et amélioration du cadre de vie. Malgré des contraintes techniques importantes, la commune a su mobiliser les ressources nécessaires et coordonner efficacement les acteurs, avec le soutien des pouvoirs publics. Son succès se mesure notamment par la création d’un pôle éducatif intégré, moderne et accessible, ainsi que par la qualité environnementale du site, illustrée par des bâtiments passifs et des aménagements favorisant la biodiversité et la mobilité douce. La diversité des usages et l’appropriation du site par les usagers et les riverains confirment également la pertinence et la cohérence du projet.
L’impact pour les bénéficiaires est significatif. Les élèves et les équipes éducatives disposent désormais d’infrastructures modernes, adaptées aux pratiques pédagogiques actuelles et favorisant le bien-être. Les familles bénéficient d’une offre élargie en matière d’accueil de la petite enfance et d’équipements de proximité. Par ailleurs, les habitants du quartier profitent d’espaces ouverts et partagés, tels que la salle de gymnastique de l’école La Charmille, le jardin didactique ou la plaine de jeux, qui renforcent le lien social et encouragent les interactions intergénérationnelles.
Sur le plan de la durabilité, le projet s’inscrit pleinement dans une démarche environnementale et sociale. Les choix architecturaux et techniques pour la construction bâtiments passifs, la récupération des eaux de pluie, les matériaux durables, la préservation de la végétation existante contribuent à réduire l’empreinte écologique du site. Parallèlement, la dimension participative et inclusive du projet, notamment à travers les espaces collectifs et pédagogiques, favorise une appropriation durable par les usagers et renforce la cohésion sociale.
Personne de contact:
- Stéphane Coste, service Développement durable, planification et perspectives de Woluwe-Saint-Lambert
- Marie-Eve Vanmechelen, service Développement durable, planification et perspectives de Woluwe-Saint-Lambert
[1] La Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région de Bruxelles-Capitale, la COCOF et la Wallonie ont conclu des accords visant à subventionner en commun (subsides ONE, aides à l’emploi APE/ACS et subsides à l’infrastructure) la création de plus de 5.200 places en crèches, via le « Plan Cigogne +5.200 ».